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02 Aug

Comparatif : 5 roadsters de caractère

Publié par Burno, Blues Media  - Catégories :  #Essais

02/08/2013 - L'été étant enfin installé, l'envie de rouler à moto revient, après la frustration du printemps pour le moins pluvieux. Cette fois,le soleil et la chaleur sont là, et, du coup, rouler en roadster est un vrai plaisir. Pas de carénage qui renvoie la chaleur du moteur sur le pilote, on roule en profitant de toutes les sensations. L'offre en roadster est pléthorique, du paisible au racing, avec des japonaises et des européennes.

En l'occurrence, j'ai décidé de confronter le meilleur de la production européenne avec le fleuron de la production japonaise.

Apo n'est bien entendu pas responsable de la piètre qualité des photos. Les images de ce comparatif improvisé ont été effectuées avec mon téléphone.

Roadster, avec un R

Or donc, on est sur du roadster musclé, racing, avec du R (voir du RR). Ca, c'est pour le point commun. Pour le reste, nous allons voir que les différences sont notables.

Bon, je vous ai bien fait patienter, je vous présente les motos, dans l'ordre où ont été effectués les essais :

Pour l'Europe :
- MV Brutale 800 EAS
- Morini Corsaro 1200
- MV Brutale 1090 RR
- Triumph Speed Triple 1050 R

Pour le Japon :
- Honda CB 500 R (R pour repeinte)

Attention, il ne s'agit pas de la nouvelle CB 500, mais de la vraie, une type PC 32 de l'an 2000. Vous allez me dire, c'est vraiment n'importe quoi, il existe des roadsters japonais musclés, avec des "R", et ce, dans les gammes des quatre grandes marques. Alors, c'est quoi l'idée de ce pauvre CB 500 face aux tueries ci-dessus ?

Sont-elles iRRésistibles ?

Voilà le concept.

Le CB 500, c'est le mien. Avec bientôt 90000 km au compteur, Il a déjà bien vécu : rallyes et Moto Tour (précédents propriétaires), son usage principal est aujourd'hui la piste, plus quelques ballades pour lesquelles je garde la configuration routière. C'est ma moto "plaisir", bien dans l'esprit du roadster tendance "racing". Au niveau de la puissance, on en reste à l'esprit racing, 60CV les jours de forme, mais avec un petit côté rageur que les possesseurs de CB 500 apprécient unanimement.

Donc, j'ai mon roadster plaisir, et c'est là que ce comparatif prend son sens. Une des concurrente aura-t-elle assez d'arguments pour me faire craquer, pour me faire lâcher plus de 10000 € et me faire délaisser la CB 500 sans aucun regret ? Et, si oui, laquelle ?

Je suis certain que nous sommes nombreux dans ce cas, avec une bonne moto, qui nous fait toujours plaisir, sachant qu'il existe largement mieux dans la production actuelle. Nous sommes devant cette situation : d'un côté, une moto plaisir qui ne vaut plus grand chose, mais qui est très économique : cote stabilisée, entretien, assurance, etc ... de l'autre, des motos autrement plus excitantes : belles, puissantes, des machines "sensationnelles", au sens où ce sont des fabriques à sensations fortes. Oui, mais, il faut faire un chèque conséquent à l'achat, et après, il faudra assurer (dans les deux sens du terme!).

Ah, j'oubliais. Pour les fiches techniques, les prix détaillés, vous êtes grands, vous allez voir sur les sites des marques. Pour la CB 500, direction le bon coin.

Moteur ! Action !

Comparatif : 5 roadsters de caractère

MV Brutale 800 EAS

Après la 675, voici la Brutale 800, ici dans la version EAS (avec le shifter). Au niveau moteur (en attendant la future Yam), il n'y a pas d'équivalent chez les concurrents : 3 cylindres, 800 cm3. Parlons donc de ce moteur : rageur, très rageur même, avec de bonnes reprises, et un bridage qui n'est sensible qu'à haut régime. La sonorité est fantastique, quelque soit le régime moteur. La commande de gaz électronique semble générer un délai de réaction à l'ouverture des gaz, mais on s'y accoutume vite, et rapidement, on compense le phénomène sans y penser. Hormis cela, la gestion de l'injection ne présente pas de défaut, des progrès ont visiblement été faits, au vu des réactions des essayeurs des premières 675. Ce moteur est une réussite, j'ai juste une réserve sur le shifter, qui, s'il fonctionne sans problème, me semble moins agréable que celui de BMW. Aussi, c'est un moteur qui se pilote à l'oreille, le compte-tours à barregraphe étant totalement illisible et sans zone rouge.

En action, la Brutale 800 n'usurpe pas son nom : c'est un Mustang, un cheval sauvage pour le moins réactif. Empattement et chasse réduits, il n'y a "pas d'avant". Résultat, cet avant ne touche pas le sol, ou si peu, que le guidon s'agite à la moindre accélération. La partie cycle rigide et les suspensions fermes participent à ce comportement, disons, vivant. Soyons clairs, je n'étais pas du tout rassuré sur cet animal sauvage, avec le sentiment de ne pas du tout avoir le bagage technique pour rouler avec, en particulier sur les départementales un peu bosselées. Il faudrait au minimum un amortisseur de direction pour que je me sente (un peu) mieux. Même à l'arrêt, cette Brutale n'est pas rassurante, du fait d'un rayon de braquage très élevé, ce qui rend les manœuvres périlleuses.

Conclusion : la MV Brutale 800 procure des sensations très fortes. On n'est vraiment pas volé. Je la trouve très belle, malgré le gris de la version essayée, la version Italia est sublime. Pour autant, je ne craquerai pas pour elle, trop brutale (!) pour moi.

MV Brutale 800 EAS
MV Brutale 800 EASMV Brutale 800 EASMV Brutale 800 EAS

MV Brutale 800 EAS

Comparatif : 5 roadsters de caractère

Morini 1200 Corsaro

La production des Morini a repris, après de grandes difficultés économiques. La gamme reprend les modèles d'avant l'arrêt de production, avec quelques évolutions techniques. La Corsaro qui m'est confiée est toute neuve, 100 km au compteur. De ce fait, je respecterai scrupuleusement les recommandations du concessionnaire : pas plus de 5500 tr/mn, pas de reprise à très bas régime. Moteur à température, je pars sur le même parcours qu'avec la Brutale : nationale quatre voies puis deux départementales, une avec un assez bon revêtement, l'autre plutôt bosselée.

Je n'ai donc pas pu voir ce que ce bicylindre en V avait dans le ventre, mais il a bonne réputation et développe 140 CV en full, une puissance largement suffisante pour un roadster, surtout comparée à celle de la CB 500. Le couple est bien présent, en rapport avec l'architecture moteur et la cylindrée. L'injection n'est pas parfaite à très faible ouverture, mais ce n'est pas gênant. A allure raisonnable, la partie cycle est facile et sécurisante, mais je pense qu'en exploitant le moteur au max, il doit en être autrement, avec un avant probablement réactif associé à une certaine inertie engendrée par le gros bicylindre. Le freinage est top, méfiance nécessaire lorsqu'on est habitué au CB 500, ça peut bloquer et il n'y a pas d'ABS.

La finition me semble bonne, et j'aime bien l'esthétique, hormis le radiateur trop large et le terne gris du modèle d'essai. Mais elle existe dans d'autres coloris et, c'est unique sur une moto de série, on peut choisir la couleur du cadre, du moteur. Il suffit d'aller sur le configurateur du site internet, et une fois les choix faits, on commande directement sur ce site. Le concessionnaire réceptionnera la machine, fera sa mise en route, puis assurera l'entretien.

Une moto de caractère donc, et peu courante, c'est à la fois un plus (on n'en voit pas partout) et un moins (réseau quasi inexistant). Je suis certain qu'elle n'est pas sans défaut (la conso est réputée élevée), mais le peu que j'ai pu ressentir me plaît, moteur en particulier.

Morini 1200 CorsaroMorini 1200 Corsaro

Morini 1200 Corsaro

Comparatif : 5 roadsters de caractère

MV Brutale 1090 RR

Le concessionnaire m'invite à essayer la 1090 RR. Pour tout dire, je ne suis pas très chaud, me disant que ça va être pire qu'avec la 800. D'autant que c'est une machine immatriculée en Italie, donc pas trafiquée pour pouvoir être immatriculée en France (bon, z'avez compris, elle est en full). Le vendeur persiste et m'explique que ce n'est pas la même partie-cycle, et que la 1090 est en fait plus "facile" que la 800. Bon, essayons voir.

Cette fois, je vais commencer par l'esthétique : quelle beauté... la déco est magnifique, l'équipement de même. Un objet d'art, l'essence du design italien, comme l'est aussi une F4. En route, le moteur est à la fois souple, disponible et devenant rageur lorsque le régime augmente, avec une très belle sonorité. Au niveau comportement, c'est le jour et la nuit avec la 800. L'amortisseur de direction monté sur cette version RR et géométrie moins extrême rendent la moto plus évidente à rouler, même lorsqu'on exploite le moteur. Ce n'est pas une moto de débutant, mais, à mon niveau, ça va.

Alors, j'achète ? Ben... non. D'abord, cette RR coûte bien plus que les autres. Il existe des versions plus basiques qui rentrent dans le budget imparti (je ne vous ai pas dit : 13000€), mais on perd un peu du charme lié à cette finition RR. Autre point, je ne suis pas fan des quatre cylindres. Pourtant, celui-ci a vraiment de grandes qualités. C'est totalement subjectif, je préfère les sensations du bicylindre de la Morini.

MV Brutale 1090 RRMV Brutale 1090 RR

MV Brutale 1090 RR

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TRIUMPH Speed Triple 1050 R

Au départ, j'étais venu pour essayer une MV 3, pas déterminé sur la cylindrée. J'adore la sonorité d'un 3 cylindres, c'est l'architecture moteur qui, selon mes goûts, produit les plus belles sonorités. De plus, c'est un peu le meilleur des mondes : le couple supérieur aux quatre pattes, la souplesse et les montées en régime meilleures qu'avec un bi. Une idée de moteur idéal, donc. La Brutale Trepistoni n'étant pas pour moi (voir plus haut), restent les "Triple" chez Triumph. J'avais déjà essayé une 675 R avec pots Arrow, avant dernière version, c'est vraiment très sympa. La Street gagne tous les comparatifs de moyenne cylindrée, et c'est largement justifié. Toutefois, je n'aime pas trop l'esthétique, et on en voit beaucoup. Le vendeur m'oriente sur la Speed, celle à l'essai étant une version R, disposant de très belles pièces spécifiques (suspensions, roues, habillage, ...). Techniquement, c'est beau. Esthétiquement, je n'ai pas le coup de foudre. L'arme fatale de cette moto, c'est son moteur, même si on sent le bridage, qui est gênant et probablement frustrant à l'usage. Mais, ce qui est disponible est très plaisant. La sonorité est veloutée et musicale, ça pousse sans brutalité à tous les régimes. Ce n'est pas le vélo qu'est la Street, mais elle est facile à emmener, l'inertie liée à son gabarit ne me gêne pas, ayant une conduite plus coulée qu'agressive.

J'imagine qu'une paire d'Arrow doit accentuer le plaisir, en apportant une touche (ou une louche ?) d'agressivité sonore.

Je signe ? Toujours pas ... Cette version R est chère, c'est justifié au vu des Ohlins et autres équipements, mais on est hors budget. La version standard, bénéficiant d'un pack d'accessoires offerts est intéressante financièrement. Restent ce que sont pour moi deux points négatifs : l'esthétique et ce foutu bridage.

Triumph Speed Triple 1050 R

Triumph Speed Triple 1050 R

Comparatif : 5 roadsters de caractère

HONDA 500 CB

Après avoir enchaîné ces 4 essais, je reprends ma CB 500 et suis le même parcours. Les premiers mètres sont édifiants : ça pousse comme une mobylette, ça freine mou, mollesse qu'on retrouve au niveau de la partie-cycle, malgré les suspensions améliorées. En très peu de temps, je me suis habitué à ce qu'est un gros roadster moderne : puissant, efficace, freinant fort, poussant de même. Un monde... Pourtant, après quelques kilomètres, je retrouve le plaisir à conduire ma CB, car j'ai rejoint la départementale avec ses beaux virages. Sur cette route, la faible puissance est moins pénalisante. Ça bouge, mais ça prévient gentiment. Je peux exploiter le moteur, pas de bridage, pas de surpuissance difficile à gérer.

Retour par l'autoroute, là, c'est pénible, le moteur moulinant à 110 km/h. Du coup, je ne suis pas tenté de dépasser les limitations.

On ne la présente plus !On ne la présente plus !

On ne la présente plus !

Bilan

Parmi les prétendantes au remplacement de la CB 500, c'est la Morini qui me convient le mieux. Pour autant, je crains que si elle avait été rodée, j'aurais ressenti le bridage de manière significative, comme sur la Speed. Au final, ces essais m'ont permis de me faire une conviction. Je préfère attendre la fin de la limitation à 100 cv pour envisager d'acheter un gros roadster. D'une part pour ne pas être frustré si je reste dans la légalité, d'autre part, parce qu'une machine bridée risque de ne pas être débridable légalement après la fin de la limitation, ayant été homologuée en 100 cv. Donc, quitte à faire un chèque conséquent, autant qu'il ne soit pas frustratoire. En attendant, ma moto plaisir restera la CB 500.

Tous mes remerciements à la concession MV, Morini et Triumph de Pontault-Combault (77). Ici, on prend le temps, et on aide le client à choisir ce qui lui correspond le mieux parmi les nombreux modèles exposés. L'essai est proposé pour aider au choix, ce qui est déterminant pour se forger une opinion sur un modèle. Les conseils sont avisés, la disponibilité exemplaire. Si aujourd'hui mon choix est de ne pas acheter, il est certain que le moment venu, c'est à cette adresse que je me rendrai.

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